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    Musique écoutée en l'écrivant (Where is my mind, cover Emily Browning)

     

    Je regarde le monde à travers la buée sur la vitre du bus. Tout défile sous mes yeux, des rues, des arbres, des poteaux téléphoniques.

    Des gens.

    Des vies.

    Un monde.

    Avant, ce monde était le mien. J’y coulais des jours heureux, et des jours moins heureux. Je me levais sous son soleil et me couchais sous ses étoiles. Il était là pour moi, omniprésent mais pas vraiment efficient, comme une réalité dont l’on a conscience mais qui ne nous affecte pas. Pas avant de la perdre.

    Et je l’avais perdue. On me l’avait enlevée, en fait : une nuit je m’endors dans mon lit, et le matin suivant, je suis dans un endroit inconnu, entourée de gens inconnus, pour des raisons inconnus.  Vous trouvez ça injuste ? Moi aussi. Enfin, au début. L’être humain s’habitue à tout.

    Désormais, c’est ce monde là qui me paraît irréel. Les gens sont des extraterrestres pour moi, plus encore que je ne le suis pour eux. J’ai l’impression que tout ceci n’est qu’un décor, un mensonge monté de toutes pièces, une mélodie harmonieuse dans laquelle je ne suis plus qu’une fausse note. « Le monde entier est un théâtre, et tous, hommes et femmes, n'en sommes que les acteurs » disait Shakespeare. Si c’est le cas, j’ai perdu mon texte.

    -Ça va, Malou ? demande Kate, ma meilleure amie. Tout va bien se passer, tu verras. Anthony était super-content de ton retour, t’as pas idée. C’est normal, on pensait tous que tu étais, enfin…

    Je peux presque entendre le « oups !» dans ses pensées, pendant qu’elle me regarde avec appréhension, comme si elle s’attendait à ce que j’explose en sanglots.

    Kate est une bonne fille. Elle est sympa, sportive, c’est la rédactrice en chef du journal du lycée. Elle est mignonne, aussi : un teint de porcelaine, un carré châtain qui lui chatouille le menton, de grands yeux soulignés par un discret coup d’eyelineur.

    On se ressemblait beaucoup, avant. Moi aussi j’étais mignonne ; moi aussi j’étais sympa. Moi aussi, j’étais la rédactrice en chef du lycée. J’avais même un petit copain, Anthony.

    Maintenant, je suis maigre, on me voit les côtes. Mes yeux à moi sont soulignés d’énormes cernes, bleuâtres sur ma peau cadavérique. Mon poste au journal a échoué à ma meilleure amie, et mon petit copain à une petite nouvelle ; une parisienne au décolleté impressionnant, d’après Facebook. Huit mois de disparition auront suffi a rayé mon existence de ce monde, c’est triste. Et maintenant que je suis réapparue, tout le monde est bien embêté pour me recaser dans son petit quotidien.

    Mais peut-on réellement en vouloir à ses proches d’avoir essayé de se reconstruire ? Je ne crois pas. Ce pourquoi je fini sa phrase, avec un sourire forcé :

    -Morte ? C’est pas grave, tu sais, moi aussi j’ai bien cru que j’allais y passer. En attendant, cela ne te dérange pas si je me repose jusqu’à l’arrivée ? Je n’ai presque pas dormi la nuit dernière.

    Je n’ai pas dormi la nuit dernière, ni celle d’avant. Mais cela, elle n’a pas besoin de le savoir.

    -Pas de problème. Fais de beaux rêves.

    Elle est déçue, je le vois dans son sourire peiné. Elle croit qu’elle s’y prend mal, qu’elle m’a vexé ; elle ne sait plus comment m’approcher, quoi dire, quoi faire. Je ne suis plus la Maëlie qu’elle a connu, celle qui partageait tous ses secrets, celle avec qui elle a grandi. Qui est cette fille à  présent, après tout ce qu’on lui a fait subir ? se demande-t-elle en son fort intérieur.

    Ah, Kate… Si seulement je le savais…

    Je passe le reste du trajet à contempler le paysage qui défile à travers la vitre, les yeux mi-clos. Je n’essaye même pas de dormir, je sais d’avance que ce serait peine perdue.  Alors je fais comme toujours depuis mon retour parmi les vivants : je rumine mes idées noires. Je me pose des questions sans réponses.

    Je me remémore mon évasion.

    *

    Il fait nuit noire dehors. Je suis bâillonnée, pieds et mains attachés, dans le coffre d’une voiture…en marche, d’après les vibrations. Ma tête raisonne comme un clocher, j’ai les yeux qui pleurent et la nausée. Qu’est ce que je fais là ? J’essaie désespérément de me rappeler, mais mon cerveau refuse de coopérer. Une grosse migraine menace de s’installer dans mes tempes, alors je décide d’abandonner et de me concentrer sur la situation. Une sensation d’étouffement oppresse ma poitrine, et la peur me glace les entrailles. Malgré cela, je ne panique pas : j’ai l’intuition qu’il ne faut pas que je me fasse remarquer. Il n’y aura pas de deuxième chance.

    Après une gymnastique endiablée avec ma langue, j’arrive à me débarrasser de mon bâillon, et je respire un grand coup, le plus discrètement possible. La voiture est plongée dans la pénombre, mais je distingue quand même les haillons qui recouvrent mon corps, et la pelle couchée près de moi.

    Ça ne sent pas bon, ça.

    Je tâche de réprimer une nouvelle vague de terreur, si puissante que je manque de m’uriner dessus. Je-vais-survivre-je-vais-survivre-je-vais-survivre. Je répète ce mantra pour éloigner la peur, tandis que la lumière d’un réverbère inonde brièvement la voiture, me forçant à fermer les yeux. Nous sommes donc sur une route éclairée, ce qui signifie que nous ne sommes pas dans les routes de campagne profonde. Le soulagement manque de m’étouffer. Peut-être que les policiers arrêteront la voiture ? Peut-être que quelqu’un viendra à mon secours ?

    A peine ces pensées effleurent mon esprit que je les repousse violemment. Non, aucun prince n’accourra sur son cheval blanc. Il faut que je m’échappe par moi-même, et dans le cas contraire… Je me résous à vendre cher ma peau. Je reprends possession de mes moyens et commence à forcer sur mes liens pour tenter de les défaire. C’est impossible : ils sont inextricables et ont visiblement été faits par un professionnel. Je ne me décourage pas pour autant, et je me tortille pour attraper la pelle que je cale précautionneusement entre mes genoux, veillant à ne faire aucun bruit. J’écarte les poignets au maximum, et commence à frotter la corde qui les unit avec ferveur sur l’arête métallique de la pelle.

    Je frotte ainsi pendant ce qui me semble des heures, et la corde s’use lentement mais sûrement. Mes mains tremblent sous le stress et je me les écorche plusieurs fois en ratant la pelle. Chacune de ces fois, je serre les dents et réprime mes larmes pendant quelques instants, terrifiée à l’idée que mon ravisseur m’entende. Puis, après dix respirations sans aucune réaction de sa part, je reprends ma tâche, encore plus ardemment qu’auparavant.

    Au bout de huit cent soixante dix-huit  respirations, la corde, complètement sciée, lâche enfin. Je m’en débarrasse rapidement et frotte mes poignets endoloris. J’ai réussi ! Je me m’attaque aussitôt à mes chevilles, mais dans le noir, ce n’est pas si facile, et je me retourne deux ongles dans l’opération. Après les quinze minutes les plus décourageantes de ma vie, je parviens à relâcher les liens dont je m’échappe prestement. Libre ! Enfin, en chemin…

    Pile au bon moment, car la voiture ralentit doucement, tourne, et s’arrête. Par la vitre arrière, je ne vois qu’un  lampadaire solitaire. J’entends une portière claquer, des pas crisser sur le gravier. Je suis terrifiée et je serre furieusement le manche de la pelle, mais je sais que je me défendrais coûte que coûte. Pour me tuer, il faudra me passer sur le corps !

    Mais les pas s’éloignent, sans guère s’aventurer vers le coffre. Je n’ose pas y croire. J’attends quelque secondes afin de trouver du courage, puis je prends une grande inspiration et je rabats le cache bagage. Je glisse un œil en dehors : je suis sur le parking d’une petite station service. Ma première impulsion est de m’y précipiter,  avant de réaliser que mon agresseur est sûrement parti là-bas.

    Il faut que je sorte. Maintenant.

    Je lâche la pelle à regret –trop lourde, trop voyante- et me glisse sur la banquette arrière. Mes mains tremblent d’excitation et d’appréhension. Je n’arrive pas à me souvenir pourquoi, mais je suis persuadée que j’attends cette occasion depuis très longtemps. J’ouvre la portière du côté opposé aux lumières de la station service, saute dehors –tiens, le véhicule est une voiture bleue- et referme doucement derrière moi. Après une brève vérification pour s’assurer du vide des lieux, je me précipite,  à moitié accroupie, dans les fourrés qui bordent le parking. A peine me suis-je camouflée sous un buisson qu’une haute silhouette passe la porte de la station.

    Mon ravisseur est indubitablement un homme. Grand, râblé, carrure d’athlète, le profil type du sbire qui accomplit les basses besognes des Méchants, dans les films policiers. Sa face reste plongée dans l’ombre pendant qu’il s’approche de la voiture. Va-t-il vérifier le coffre ? Je ne me suis jamais sentie aussi stressée de ma vie. S’il découvre mon évasion, ma cachette ne sera pas difficile à trouver, et je suis trop près pour qu’une fuite précipitée passe inaperçue.

    Mais…Non...Il ne vérifie pas le coffre ! Il s’assoit au volant, démarre la voiture…Et…et …Il ne part pas. Aurais-je oublié un détail compromettant ? Je me creuse la cervelle, affolée. Le cache-bagage ! J’avais sûrement oublié de remettre le cache-bagage. Non non non non non… Ça ne peut pas finir comme ça…

    La voiture s’ébranle avec le plus doux crachotement de moteur que je n’ai jamais entendu, et elle rejoint la route sans accrocs. 

    Mon cœur bat si fort qu’on dirait qu’un orage s’est déclaré dans ma poitrine. Je reste tapie dans les fourrés, trop sonnée pour bouger. J’imagine que je n’osais pas y croire, qu’au fond, je pensais que je n’en réchapperais jamais. Puis soudain, tout s’accélère. La crainte de le voir revenir agit sur moi comme un coup de talon sur les flancs d’un cheval nerveux, et je jaillis de mon buisson comme une fusée. Je trottine jusqu’à l’entrée de la station, en jetant des regards craintifs autour de moi. L’obscurité me fait peur.

    Je pousse la porte couverte de posters, rentre dans l’établissement, promène un regard vide autour de moi, sur les étagères, sur le petit magasin, jusqu’à ce que mes yeux repèrent une présence humaine. Une vendeuse. Elle me regarde avec un mélange de stupéfaction et de pitié, et je baisse les yeux vers mon corps, dans un état second.

    Ah, c’est vrai, mes vêtements sont tellement sales et déchirés qu’on ne sait même plus différencier le t-shirt du pantalon. Ah, c’est vrai, mes mains sont maculées de boues et j’ai trois ongles arrachés. Ah, c’est vrai, mes chaussures ont disparues, laissant voir des pieds noirs de crasses, abîmés. Je n’ose même pas imaginer la tête que j’ai. C’est étonnant qu’elle ne soit pas partie en courant.

    Elle s’approche de moi, doucement. Nathalie, je lis sur son badge. Je la laisse s’approcher sans dire mot. Je crois que je suis en état de choc.  

    Elle n’ose pas me toucher, elle se contente donc de me demander avec douceur :

    -Que vous est-il arrivé, mademoiselle ? Puis-je faire quelque chose pour vous ?

    Je la regarde, sans pouvoir définir les sentiments qui me submergent. Du soulagement ? De la peur ? De l’incrédulité ? Les trois sûrement, et autre chose. « Cela fait trop longtemps que je n’ai pas parlé à quelqu’un, je ne sais plus comment faire ».  C’est ça, j’en suis persuadée. Où que je fus pendant cette période effacée de ma mémoire, j’y étais seule.

    Un murmure sort de ma gorge. Une voix rauque, brisée, trop grave pour la fille insouciante qui se peignait les ongles en roses tous les samedis après-midi.

    -Aidez -moi.

    *

    -On est arrivée, Maëlie. Tu viens ?

    Je rouvre les yeux, et me ré-immerge doucement dans le monde réel. Kate est sortie dans la rangée de sièges et elle m’attend, le sourire aux lèvres. Cette bonne vieille Kate. Une bouffée d’affection pour elle me noue la gorge, j’aimerais lui dire merci, merci d’être là pour moi, mais j’ai désormais trop peur des autres pour oser faire un geste vers elle. A la place, je lui réponds :

    -Deux secondes, je range mes écouteurs. Vas-y sans moi, je te rattraperai.

    Je sais que la repousser ainsi nous fait du mal à toutes les deux, mais je ne peux pas faire autrement.  C’est trop dur de faire semblant que tout va bien, que rien n’a changé. Que je n’ai pas disparue pendant des mois. Que je n’ai pas évité la mort d’un cheveu.

    Sans raisons.

    Mais Kate reste ma meilleure amie, envers et contre tout. Elle me connait encore un peu, et elle m’aime assez pour donner du temps au temps. Alors elle hoche doucement la tête, et je détourne la tête pour ne pas voir les larmes contenues dans ses yeux tandis qu’elle s’en va.

    J’enroule mes écouteurs le plus lentement possible, de manière à laisser le temps à tout le monde descendre du bus. Quelques curieux s’attardent, essayant de trouver un prétexte crédible pour me parler. Ou plutôt me presser de questions, comme se sont empressés de faire les médias, dès que je suis revenue, cette fameuse nuit de mon évasion.

    Je ne me rappelle plus très bien de la fin de cet épisode. A peine quelque flash. La sensation réconfortante d’être emmitouflée  dans une couverture pendant que la voix hystérique de Nathalie piaillait au téléphone, des gyrophares rouges et bleus, des officiers de police stressés et leur interrogatoire interminable, ma mère m’étouffant entre ses bras tandis que mon père sanglotait doucement à côté de nous, et au dessus de tout cela, une immense fatigue.

    Depuis mon réveil, le lendemain de cette nuit là, ma vie ressemblait à un enfer. Presque plus qu’avant l’Évasion, c’est dire.

    J’étais constamment harcelée : par les flics avec leur questions auxquelles je ne pouvais pas fournir de réponses ; par les psychologues avec leur thérapie sans effet et leurs mots savants sensés définir mon état –comme s’il ceux qui ne l’avaient pas vécu pouvaient y parvenir !- ; par la presse, ces charognards affamés qui détruisait mon peu de santé mental restant avec leurs articles soi-disant véridique ; par ces gens qui me détestaient parce que j’incarnais une facette de leur monde qu’ils ne pouvaient pas accepter, et qui par conséquent me traitaient de menteuse, ou pire, qui affirmaient qu’ils auraient bien vécu la même chose pour bénéficier de ma célébrité…

    Par mes cauchemars et ma paranoïa, qui  tantôt la nuit chassaient sans pitié mon sommeil, tantôt le jour me murmuraient mes pires peurs à l’oreille, s’assurant ainsi de me garder cloîtrée chez moi.

    Et la liberté dans tout ça ? Me demanderez-vous.

    La liberté est une illusion. Notre seule liberté en ce monde, c’est l’air sur notre peau. 

    Parfois, j’ai des souvenirs, des fragments de cette absence de huit mois, effacée délibérément par mon cerveau pour me protéger, selon ce que m’avaient expliqué mes psychologues.  Une cave humide, un matelas à même le sol. Des gens blafards, dangereux, muets. Mon sang sur un couteau. Des mains qui frappent, des mains qui ordonnent, des mains qui nourrissent. Des mains détestées et aimées. Une voix qui hurle sa solitude pendant des heures, jusqu’à se briser.

    La certitude que jamais je ne sortirais jamais d’ici.

    Respiration.

    Je reviens dans le présent. Je suis affalée sur un siège, tremblante, en nage. Je me redresse doucement  à l’aide des accoudoirs, en essayant de maîtriser mon souffle, avec un sentiment diffus de panique de l’estomac.

    J’ai souvent des absences, des crises de paniques : je ne suis plus qu’une petite créature vulnérable qui a peur du noir. Une victime. Leur victime.

    Je déteste ça, je me déteste, je les déteste tous, tous, tous !

    Il n’y a qu’une seule échappatoire.

     Je sors du bus par la porte arrière, la capuche de mon sweater rabattue, marchant le plus vite possible et priant pour ne pas être reconnue. Chaque pas m’éloigne un peu plus de ce monde qui n’est décidément plus le mien.

    Je marche en direction de la Vieille Tour. C’est un vieux clocher, tellement vieux qu’on ne se rappelle plus de son nom, ce pourquoi elle fut baptisée « Vieille Tour » d’un commun accord. Ce clocher avait sûrement une histoire palpitante, mais tout ce qui m’importe en cet instant, c’est  sa hauteur.  Et sa solitude.

    Cinq minutes plus tard, j’arrive à destination. Je gravis les marches en colimaçon quatre à quatre, sans que  personne ne m’arrête. Bizarrement, mon esprit est totalement vide, verrouillé sur une seule pensée : il faut que je m’échappe.

    J’arrive en haut, légèrement essoufflée. L'intérieur du clocher en lui même ne fait pas plus de 3 m2, juste assez pour contenir une imposante cloche en bronze verdie de rouille, garnie d'une lourde corde que l'on peut encore sonner, pour le plus grand plaisir des touristes. Et au delà de la cloche... On ne voit qu'un vide d'une dizaine de mètre de haut. Mais moi, j'y vois le repos, un refuge, un phare qui transperce les ténèbres de mon existence. Suis-je folle pour autant ? Non, juste... Fatiguée.

    Je m'approche de la fin, effleure le clocher au passage, comme un au revoir muet. Je me poste sur le bord, agrippe mes mains au coin des parois, écartant ainsi les bras au maximum, et me penche légèrement en avant.

    Je vais compter jusqu'à dix, puis je le ferais. Plus que dix secondes de douleur, et c'est bon.

    1...

    En dessous, il n'y a qu'une petite allée de gravier, bordée de pelouse verdoyante. Ce sera ma dernière vision de ce monde.

    2...

    Un coup de vent me malmène, manque de me faire tomber. Peut-être ne serais-je pas la personne qui décidera de mon sort, après tout ?

    3...

    Je repense à mes ravisseurs. Quelle que soit la raison pour laquelle ils m'ont fait cela, il auront eu ce qu'ils voulaient, au final. Ils m'auront vaincu...

    4, 5...

    L'image de mes proches se grave dans mes rétines. Mes parents, Kate... Je ne leur ferait plus jamais de mal, c'est mieux ainsi. Mais si cela les détruisait ? Je les aime tellement... Je commence à douter.

    6,7...

    J'ai détaché une de mes mains pour éviter de renoncer, je ne tiens plus qu'en équilibre précaire. Le moindre coup de vent précipitera ma fin.

    8, 9...

    Mon bras commence à fatiguer, mais pourquoi ai-je si peur de la chute si je suis persuadée que c'est la seule solution ? Non, je ne veux pas qu'ils gagnent. Je veux les retrouver, les empêcher de faire du mal à d'autres personnes, reprendre ma vie en main. Leur prouver à tous que Maëlie Souillan n'est pas une victime. Je plie le bras pour me ré-hisser en lieu sûr...

    10

    Une bourrasque me frappe par derrière, et je bascule dans le vide.

     


     

    ........... Oh mon dieu ! Grouille, appelle les secours, bon sang ! ....... Tu crois qu'elle morte ? ............... On est en train de la perdre ! Ramener les électrochoc, vite, vite !................. Maëlie, pourquoi tu nous a fait ça.... Maëlie... Désolée, madame, son état n'est pas stable, sa vie n'est plus entre nos mains............ Maëlie....

    Reviens ! 

     

     

    Respiration.

     


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