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    Bon, voila un p'tit texte qui m'est venu en écoutant une musique (que j'ai déjà oublier), je le poste maintenant, mais je ne sais absolument pas si je l'intégrerais un jour à mon histoire.

    Prière de me dire ce que vous en pensez ;).

    Cordialement, Mickey Mouse.

      

    Le Poukha

    Soudain, un cheval débarqua à toute vitesse dans la clairière, telle une flèche brune, et se jeta sur l’Éventreur. Le félidé, surpris, recula en feulant, mais avant qu’il ne puisse songer à attaquer, le cheval se cabra sur ses musculeuses pattes arrière et lui décocha un violent coup de sabot sur le museau. L’Eventreur, rugissant de douleur, tenta d’éventrer l’étalon d’un coup de griffe, mais celui-ci l’évita prestement et le chargea sur le flanc, les oreilles couchés en arrière, la bave à la bouche. Il l’écrasa violemment contre un gros pin, et la neige accumulée sur les branches leur tomba dessus, telle une protestation de la part du végétal. Prisonnière sous une masse de cent cinquante kilos, la bête se débattit sauvagement et  tenta de mordre la jugulaire de l’étalon, mais celui-ci, encore une fois, parvint à éviter ses crocs et referma sa propre mâchoire sur la nuque de l’Eventreur. Poussant un terrible mugissement, ses os broyés, sa chaire en sang,  sentant venir sa fin, le monstrueux félin, mu par l’énergie du désespoir, parvint à se dégager de l’emprise du cheval et lui ouvrit le flanc d’un dernier coup de patte. Puis, affamé mais pas suicidaire, il délaissa sa proie –c'est-à-dire moi- et s’enfuit, s’engouffrant entre les arbres où il disparut en à peine quelque secondes.

    Tremblotante, je restai quelque secondes les yeux fixés sur l’endroit où le monstre venait de disparaître, la respiration haletante, les genoux tremblotants. C’était moins une, pensais-je stupidement. Puis, encore hébétée, je tournai la tête vers mon mystérieux sauveur.

    Il n’avait pas bougé, et se contenta de me fixer de ses grands yeux noirs et extraordinairement expressifs. Pendant quelque secondes, nous restâmes face à face, à nous contempler mutuellement. Je détaillai lentement son magnifique pelage brun-rouge moucheté de petites taches de neige, ses muscles puissants, son cou élancé duquel s’écoulait une longue crinière noire et ondulée, sa tête fine et racée, et mon regard se plongea dans le sien. Ce sont ses yeux qui m’interpellèrent le plus. Car la lueur qui les emplissait était indubitablement humaine. Et coupable.

    Il se secoua le cou, brisant la magie du moment, puis s’élança vivement au galop en direction des arbres. J’eu à peine le temps d’apercevoir le sang qui dégoulinait sur son flanc avant qu’il ne soit englouti par la barrière de pins qui entourait la clairière.

    -Eh attends ! Ne me laisse pas toute seule ! Hurlai-je en  courant en direction des arbres, mais en vain, car il n’y avait déjà plus aucune trace de lui.

    Frappée par l’égoïsme de mes paroles, je m’arrêtai abruptement à quelques centimètres des premiers arbres, les joues en feu. Ne me laisse pas toute seule ? C’était vraiment la seule chose que j’avais trouvé à dire ? Alors que l’animal était blessé, et qu’il n’avait aucune raison de me secourir ? Je secouai la tête, dégoutée par mon égoïsme, avant de me rappeler brusquement de ma situation de danger de mort imminent. Nerveusement, je serrais les poings et regardai vivement autour de moi.

    La clairière qui m’entourait était de nouveau calme, mais plus de cet horrible silence surnaturel qui avait précédé l’arrivée de l’Éventreur, heureusement. On entendait à présent le faible bruissement des arbres, le vent qui chuchotait entre le buisson, et quelque oiseaux avaient même recommencé vaillamment leur doux pépiement. Pas rassurée pour autant, je courus à l’opposé de la direction qu’avait pris l’étalon – de toutes manières, je n’avais aucune chance de le rattraper-  je me réengageai précipitamment sur le chemin que j’avais dévalé avec tant de colère il y a de cela une éternité,  me paraissait-il. Quelle idiote, mais quelle idiote ! Débile, sotte, imprudente… J’étais si angoissée que j’en avais mal au ventre. En plus, mes chaussettes étaient mouillées, et mes doigts de pieds tout simplement congelés. Il me tardait de retrouver la sécurité et le confort de l’auberge. La peur me tordait les entrailles, et je jetai des coups d’œil soupçonneux aux ramures des arbres qui bordaient le sentier, m’attendant à voir réapparaitre l’Eventreur à tout instant.  Je faillis avoir une crise cardiaque quand je vis un petit talus remuer, jusqu’à qu’un minuscule renard en sorte. Il me jeta un coup d’œil dédaigneux, puis passa devant moi en m’ignorant superbement, sa queue touffue dressée en l’air. A partir de ce moment-là, humiliée, je fus un petit peu moins paranoïaque, mais à peine.

     Le Poukha


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